Concernant driveblind...
| Killing Joke - In excelsis (le 31/07/10)
|      | Retour de Killing Joke, la horde de Jaz Coleman, après un Hosannas from the basements of hell de tout premier ordre, puissant et sans concessions. Cinq titres dont...deux ratés, qui font suite à trois morceaux solides, représentatifs de la palette Killing Joke.
Débutons donc par le positif et ce In excelsis aux claviers enthousiasmants, l'Anglais au regard dément y allant de sa voix guerrière. Rythmé, ce morceau suit un canevas déjà connu, mais s'avère excellent, comme ce Endgame lui aussi imposant, aux guitares remontées. Le ton se fait plus rude encore; on est dans le Killing Joke colérique,et, comme souvent, à mi-chemin des tendances explorées et définies par le groupe depuis ses débuts. La puissance de feu de la Blague qui tue fait la différence, les grattes massives breakant ce titre de façon brève avant que la machine ne reparte de plus belle.
C'est ensuite un Kali yuga de haute volée, digne de Extremities, dirt and various repressed emotions, qui prend le relais et fait des trois premiers morceaux du EP des réussites conséquentes, à l'écoute desquelles on trépigne d'impatience de retrouver la troupe sur le format d'un album.
Arrive, après cela, Gost of Ladbroke Grove, qui évoque très clairement l'orientation des parisiens de Treponem Pal avant leur reformation, sur le projet Elephant System. Le ton est délibérément dub et si le morceau se tient, il dénote dans l'univers Killing Joke, d'autant plus qu'une version...dub de ce même titre survient ensuite. Les guitares éparses sauvent un peu la mise, mais on ne retiendra rien de réellement positif à son écoute, si ce n'est qu'il a pour qualité de compléter le propos du groupe. Mais il ne s'agit pas là de ce que l'on attend de Killing Joke, à moins que mes propos ne soient dictés par un effet de surprise qui, pour l'instant, ne me satisfait guère concernant cette dernière plage.
Il nous reste toutefois trois réalisations consistantes, abouties, pour combler notre attente de l'album à venir, dont on ne doute déjà plus qu'il dévoilera un contenu à la hauteur de ce que les britanniques ont l'habitude de produire.
| | Pains Of Being Pure At Heart [the] - Say no to love (le 31/07/10)
|      | Ce groupe aux airs de Pastels actuels décroche une nouvelle fois la timbale avec ces deux ritournelles pop vives et acidulées, aux mélodies simples et flamboyantes, pour lesquelles on fond sans plus attendre.
D'entrée, Say no to love, ce chant léger et presque désinvolte, ces guitares claires et piquantes, ce rythme guilleret, nous mettent sur la voie d'un tube pop aussi imparable que ceux dont regorgeait l'album éponyme de ces petits génies, et on regrettera le contenu trop étriqué (deux titres, pas plus) de ce nouveau single épatant.
Le deuxième morceau, Lost saint, suit le même procédé mais de façon plus douce, plus mélodique encore, à l'aide de motifs sonores discrets et décisifs. Et quand les guitares, séduisantes à l'extrême, délicates mais légèrement "pimentées", débarquent, cette sucrerie pop très 90's (on y revient, toujours et encore...) incite d'ores et déjà à des écoutes répétées, dans l'attente d'un nouvel opus plus qu'espèré.
| | Iggy Pop - Idiot [the] (le 31/07/10)
|      | Superbe album, un indispensable même, pour un Iggy assisté de son homme providentiel de l'époque, le grand Bowie, alors en plein épopée berlinoise avec tout ce que cela sous-entend en termes de création, d'expérimentations et de déviances.
Cold bien qu'on soit "tout juste" en 77, bourré de titres devenus à juste titre des standards, l'album se démarque dès l'énorme Sister midnight du registre habituel d'Iggy, la collaboration avec Bowie s'avérant la meilleure option possible, à l'époque, et engendrant un disque exceptionnel, un peu hors du temps, rejoignant en cela les oeuvres d'alors signées du Thin White Duke. Les échappées vers un rock froid, jouissivement synthétiques mais n'omettant (surtout) pas l'organique, témoignent de la pertinence de ce travail commun, à l'image d'un Nightclubbing dont le titre résume à lui seul le contenu de ces huit morceaux de haute volée: dansants, certes, mais comme dans un Nightclub berlinois de l'époque: ouvert à toutes les audaces, toutes les initiatives les plus décalées et innovantes qui soient, et mariant à merveille plages "normales" et plans expérimentaux superbement maitrisés.
La production de Bowie et le mix de Visconti conservent le tranchant d'un rock acéré (Funtime), et le groove démoniaque de parties plus "free" (Baby), et le duo affiche une belle inspiration dans les sonorités émaillant ce The idiot.
On se réjouit aussi des titres plus ouvertement rock (China girl), et de la classe Bowiesque se dégageant d'un Dum Dum Boys inégalable, aussi rugueux que distingué, puis de Tiny girls, au saxo détendu, qui démontre, à l'instar de l'album en entier, l'influence et l'importance que l'intervention de Bowie a pu avoir pour l'Iguane.
C'est même un Mass production témoin de l'esprit différent et classique, dans un même élan, de Bowie, chanté avec maestria par un Iggy de toute évidence galvanisé par le binôme formé avec son acolyte. Ce titre, racé et surtout barré, psyché et insoumis, soniquement magistral, met fin de superbe façon à un album dont on découvre, plus de trente ans après, toutes la richesse et la profondeur, et qui n'a pas pris une ride, quand bien même nous sommes en 2010, en pleine mouvance "revivals" que ce genre d'album ridiculisera de façon immédiate et irrémédiable.
| | Iggy Pop - Blah blah blah (le 31/07/10)
|      | Un peu trop influencé par le courant plus qu'en vogue à l'époque, la new-wave, Iggy se rate quelque peu sur Blah blah blah, honnète album new-wave/rock, certes, mais bien en deçà de ce que l'on est en droit d'attendre de l'animal. Le résultat surprend même, dans le sens où il s'agit d'une collaboration avec Bowie, qui sur le génial The idiot, a hissé Iggy sur les cimes d'un rock déviant et audacieux.
Les claviers "bouffent" les dix compos de l'album, , dont Real wild child se détache toutefois grâce à des guitares appuyées et un rythme vif, et on hésite finalement entre tentation d'adorer cet album sans tenir compte des capacités de son géniteur -il s'agirait là d'une oeuvre de belle tenue- et déception due aux capacités et à l'aptitude à surprendre, et à innover, d'Iggy et à plus forte raison d'Iggy et Bowie réunis.
Dans ce disque, les morceaux se suivent et se ressemblent, aucun ne dévoilant l'étincelle de génie, cette ouverture stylistique et cette créativité qui fait pencher la balance du bon côté, et on se raccroche aux guitares mordantes, ou semblant l'être tant les "keyboards" prennent ici le pas (Cry for love), qui se signalent ici et là.
Heureusement, le titre éponyme, plutôt réussi et doté d'une belle énergie, assez punk, surnage dans une fin d'album guère plus brillante, qui s'en tient à cette new-wave ans surprises et sans supplément d'âme, dont on extraira tout de même ce Winners & losers lui aussi vigoureux, avant que Little miss emperor ne ferle la marche à grands coups de synthés convenus.
Déstabilisant donc, ce Blah blah blah constitue donc avant tout une déception, sachant qu'en fonction de l'époque et si l'intention d'Iggy et Bowie était d'en faire un opus new-wave sans autre prétention, il s'avère bon. Mais connaissant les gaillards et leur adresse à instaurer des styles décalés et dénués d'opportunisme, l'essai nous laisse forcément grandement sur notre faim.
| | Dr Phibes And The House Of The Wax Equation - Hypnotwister (le 22/07/10)
|      | Je ne me souviens plus de Whirlpool, premier disque de ce trio de Liverpool assez unique, notamment au moment de la sortie de ses deux opus, mais je possède encore Hypnotwister, superbe seconde pièce d'un groupe mené par un chanteur black qui réalisera l' "exploit", quatre ans après, d'assassiner sa mère.
Ignoré, ou presque, car inclassable (j'ai récemment lu qu'on le comparait à Jane's Addiction, le rapprochement me semblant tout à fait justifié du fait de la nature du registre et de la puissance de feu régulièrement affichée), Dr. Phibes and the House of Wax Equations signe là une dernière oeuvre grandiose, équilibrée entre moments posés (Anti-clockwise) et déflagrations impressionnantes (Real world), mêlant parfois les deux (Burning cross). On retrouve les plages torturées du grunge, mais les Anglais y adjoignent des plans guitaristiques puissants et des scories shoegaze discrètes, pour créer, au final, un style qui restera le sien.
Des ouvertures psyché (Moment of truth), balafrées par ces guitares Hnedrixiennes, noisy et incontrôlables, ajoutent au charme de l'opus, et les essais basés sur un funk déjanté, sauvage, font eux aussi mouche, comme sur Misniagnosedive.
L'album est donc à part et détonne dans la production d'alors, se situant à mi-chemin de courants en vogue et développant une conception toute personnelle, un amalgame original et peu conventionnel, même dans des échappées plus "normales" comme sur Hazy lazy hologram et ses grattes une fois encore débridées.
Hypnotwister prend fin entre un titre bien breaké (Jugular junkie) et ce bearhug massif, qui comme nombre d'autres chansons, ne choisit pas son camp et valide l'univers créé par Dr. Phibes, malheureusement éphémère mais bien marquant.
| | Dim Stars - Dim stars (le 22/07/10)
|      | Richard Hell+la paire Moore/Shelley issue de Sonic Youth, plus Don Fleming de Gumball. Et comme si cela ne suffisait pas, Robert Quine s'invite aux festivités, variées, comme le dit à juste titre, mais de façon un peu trop brève, Johnny Jane, et trouvant leur essence autant dans les inflexions noisy (Monkey, She wants to die), autant bancales que mélodiques et voyant les guitaristes se livrer des duels merveilleux (All my witches come true, noisy-punk de haute volée).
Les morceaux rythmés, portés entre autres par la guitare bavarde de Fleming (Memo to Marty) s'avèrent jouissifs, de même que les morceaux lancinants et déséquilibrés comme Natchez burning, ou le rock'n'roll plus "classique" de Stop breakin' down, et les essais punk mâtinés d'embardées noisy (Baby huey (do you wanna dance?)), ou encore les morceaux proches du dernier Gumball en date (The night is coming on) ne sont pas en reste.
La cohésion trouvée par les intervenants, de même que leur expériences respectives permet au groupe de ne pas se disperser outre-mesure et de proposer un résultat sans faute, varié et bien entendu assez unique bien que faisant référence aux formations d'appartenance de ses auteurs.
C'est de surcroît sur quinze morceaux que la troupe fait montre de ses qualités, le très Voivoids Downtown at dawn en attestant tout en confirmant la bonne tenue de la suite de l'opus, avant un Try this s'inscrivant dans la catégorie des morceaux plus sinueux et tout aussi bruitistes, les ambiances et giclées de guitares caractéristiques de Sonic Youth arrosant le tout avec maestria.
En fin de parcours, le vivace Weird forest, au rock'n'roll noisy juteux, puis un Stray cat generation moins urgent mais tout aussi déviant, asseyent le côté culte d'un tel disque, insolent de qualité, suivis en cela par Rip off, saccadé, doté d'un saxo très free, et un Dim Star Theme assez mélodique dans le chant, mais à l'accompagnement noisy à souhait, qui s'achève d'ailleurs dans le fracas, mettant ainsi un terme à ce disque sans suite, ce qui en renforce le côté singulier, et réussi de bout en bout.
| | Pop Will Eat Itself - This is the day... this is the hour... this is this! (le 22/07/10)
|      | Cet album va plus loin que le "mix" techno-pop, comme le dit caloux; il allie en effet rythmes et phrasés hip-hop, élans punk et esprit indie, le tout à grands coups de guitares rageuses et de refrains immédiats, et a fait son petit buzz, justifié à l'époque, sans que l'écoute, aujourd'hui, n'en soit bien plus "douloureuse".
Le disque aurait mérité une très bonne note, en cette époque ou les initiatives de ce genre étaient louables et un tant soit peu originales. A l'heure actuelle, il mérite tout au plus une écoute amusée, un brin nostalgique peut-être, de cette époque foisonnante, et une notation tenant compte, par bonté, des deux points de vue, ou plutôt perspectives d'écoute.
Dans quelques années, on le trouvera peut-être à nouveau génial, entre Inject me et son funk-rock acidulé, le riffant Wise up! Sucker et Satellite ecstatica et ses sirènes à la Public Enemy, sans oublier les nombreux morceaux aux alliages osés, souvent énergiques, qui le parsèment. Il préfigure, de plus, ce que donneront les Beastie Boys et autres Senser, de façon plus large encore; en ce sens, il prend tout son...sens et s'impose comme un opus complet, novateur et attrayant...auquel l'époque actuelle n'apportera cependant aucun crédit réel.
| | Xmal Deutschland - Fetisch (le 21/07/10)
|      | Groupe presque exclusivement féminin, basé à Hambourg et ayant oeuvré dans les 80's, Xmal Deutschand a connu avec ce Fetish cold, gothique et légèrement new-wave un temps fort certain, ce qui lui valut d'être comparé à Siouxsie and the Banshees, par le biais notamment de la voix d'Anja Huwe.
Il s'agit là d'un chef d'oeuvre de rock gothique, noir mais pas impénétrable, rythmé comme sur l'excellent Kaempfen ou plus haché (l'inaugural Qual), parfois proche du Killing Joke des débuts (Young man), sans faux pas.
In der nacht et son tempo lent, associé à des volutes synthétiques, ou Orient et ses riffs tendus, ou encore Boomerang, font cohabiter voix presque légère et noirceur retenue, et on s'éprend de ces guitares acérées, tranchantes (Sehnsucht) et de ces basses aux jolies formes (Geheimnis), mais aussi de ce rythme ne variant que très peu mais ayant le don de vous emporter dans son flux. Danthem et son synthé tournoyant incluant même une touche psyché bienvenue dans l'album.
Avec Malaria, Xmal Deutchsland fut l'un des piliers de cette musique froide, mécanique mais non-dénuée d'âme, et Hugh Cornwell ne s'y trompa pas, qui les produisit en 86 sur Matador, après un Tocsin lui aussi excellent.
A ressortir des cartons donc, ou de l'étagère, pour se remémorer la bonne tenue de la scène gothique, cold et new-wave de l'époque, en même temps que l'intégrale de Malaria, voire le tout récent et hautement recommandé Queen of noise signé Bettina Koester.
| | Public Image Limited - First issue (le 21/07/10)
|      | Bien plus intéressant, bien plus créatif qu'avec les Sex Pistols, John Lydon oeuvre dans l'inédit, le "non-entendu", avec Public Image Limited, sorte d'exutoire profond d'une haine et d'un mal-être dont la mise en son n'a jamais été aussi déviante et attrayante.
En huit titres et en partant d'un Theme terrifiant, éructé, massif et arrosé par l'acide de la guitare de Keith Levene, pour aboutir à un Fodderstompf electro à la voix loufoque, PIL livre un album complètement décalé, éprouvant, passionnant, incluant même un morceau parlé (Religion) qui introduit en fait Religion II, pavé puissant reposant sur la batterie assénée, la guitare toujours plus cinglante et des motifs de clavier aigrelets.
La clique fait ensuite dans la vitesse sur Annalisa, plus directement punk, aux riffs durs et porté par le basse de Jah Wobble, avant de livrer un Public Image plus punk encore, seule réminiscence directe et décelable de l'appartenance de Lydon aux Sex Pistols.
Low life n'est cependant pas éloigné de ce registre et vient s'ajouter au festival sonore unique et déjanté des auteurs de l'énorme Metal Box, puis c'est un Attack haché et direct à la fois, avant le Fodderstompf dont je parle plus haut, qui vient parfaire un premier album au foisonnement représentatif de l'époque, mais qui, dans le même temps, s'en démarque entièrement par le truchement d'un contenu singulier.
| | Sun City Girls - Torch of the mystics (le 21/07/10)
|      | Foutraque, dérangé, expérimental, ce Torch of the mystics, rejeté dans un premier temps par le groupe lui-même en raison d'un succès qu'il jugeait "trop facile" -c'est dire l'esprit qui animait les frères Bishop et Charles Gicher- est l'une des pierres angulaires de la discographie, plus que fournie, de Sun City Girls.
Dissonnant, dépaysant aussi (Space prophet dongon), il même folk, noise, psychédélisme et virées dans des contrées reculées, imposant des ambiances issues d'esprit à la fois géniaux et borderline (le superbe Tarmac, déglingué, lancinant), ou laisse des guitares noisy prendre les commandes (Esoterica of Abyssynya), pour ensuite pratiquer un folk psyché en forme de voyage sonore magique.
On navigue à vue entre les genres, que Sun City Girls malaxe, imbrique et repose sur leur socle ainsi façonnés, comme sur cette longue complainte free qu'est The flower, qui suit un The shining path quasi folklorique, doté de...flutes, si je ne m'abuse, qui nous emmènent tout droit...ailleurs, avant que l'on se rende compte qu'il s'agit en fait de l'interpétation par le trio d'un "hymne" musical...dont je ne retrouve plus le nom malgré sa célébrité.
Sur Radar 1941, le climat se fait cinématographique, légèrement surf, avant que Papa legba ne nous emporte dans les tréfonds d'un psychédélisme tribal dont il est difficile de ressortir indemne, un peu comme Burial in the sky et ses voix dérangées. Et quand les Américains font dans le "conventionnel" (Blue manbo), nous avons droit à une pièce "rock" stylée qui s'emballe en sa fin, portée par une six-cordes bavarde et étincelante.
Sun City Girls fait partie de ces groupes à (re)découvrir tant il s'avère différent, inventif et prolifique, et cet album barré constitue un must, à classer dans la catégorie des disques qu'il faut "aller chercher", qui ne se livrent que difficilement, mais qui, dès lors qu'on les a assimilés, n'en finissent plus de livrer leurs innombrables richesses.
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