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L'excellent label rouennais Euro-Visions nous offre ici, et une fois de plus, le disque d'un artiste remarquable, plutôt folk celui-ci, ce folk empruntant au domaine du cinéma pour certaines ambiances, ainsi qu'au western en certaines autre occasions, et se voyant joliment accompagné par une trompette, façon Cake, sur quelques titres. Le chant se fait en Français et en Anglais et l'on constate que quelle que soit la langue choisie, les chansons de ce groupe passent toutes aussi bien, charment et brillent de cet éclat folk précieux. Le collectif normand La Maison Tellier emprunte son patronyme à une nouvelle de Maupassant et, par le biais de ses textes, narre la vie d'un bordel dont les clients tirent une profonde satisfaction.
Une profonde satisfaction, semblable à celle que l'on éprouve à l'écoute de ces douze chansons classieuses et élégantes. Assez strictement folk ("A la petite semaine", "Delta", "La chambre rose", "One more beer", "No name # 2" etc...), épiçant leurs compos à l'aide d'une trompette ("Fraulein S."), partant dans de petits élans rock ("Cactus kid"), se faisant joliment western et sautillant (Il n'y a point de sot métier" où apparait également cette trompette enivrante), mélangeant superbement les deux langues sur "Après dissipation" aux guitares légères et enjoleuses, les rouennais font dans la diversité tout en respectant cette trame folk qui constitue le fil rouge de ce très bel album. Simplement, ils l'enjolivent de sonorités issues d'autres catégories musicales, avec justesse et sobrieté, ceci débouchant sur une collection de chansons qui leur permettra de s'imposer sans difficultés dans le paysage folk français, et même international au vu de la qualité de leur travail.
Avec, surprise, l'atout supplémentaire, et pas des moindres, sous la forme d'une superbe reprise "Beckienne", mais aussi et avant tout "Telliersienne", du "Killing in the name" de Rage Against the Machine.
Bref, un album plus que convaincant, un style propre et un "titre-phare", que demander de plus?? Que les visites au bordel continuent, tout simplement, et donnent lieu à d'autres albums tout aussi bons que celui-ci.
Très bel album, et une belle découverte à faire sans tarder. (28/09/2006)
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